Fiche de préparation pour la délibération du deuxième comité de lecture

Pour introduire la dernière séance de délibération et de vote du deuxième comité de lecture, nous lisons à haute voix, la fiche proposée par Agnès Marietta.

Les quatre textes d’auteurs contemporains sont issus de la sélection des Ecrivains Associés du Théâtre :

Texte 1 : Anonyme à ce jour

Texte 2 : Pigeon de Sylvain Renard

Texte 3 : Mathilde (comment sauver sa peau) de Geoffrey Dahm

Texte 4 : Seasonal Affective Discorder de Lola Molina

 

Le texte 1

 Il fait partie des sélections du comité de lecture des EAT de cette année. Jusqu’en avril 2018, nous n’aurons ni le nom de l’auteur-e ni le titre.

C’est du théâtre-documentaire : l’auteur-e s’est beaucoup renseigné, il/elle a peut-être passé des journées dans des services sociaux pour s’inspirer.

Il y a tout de même une fiction : on suit Damien en particulier.

Si ce genre vous plaît vous pouvez voir au cinéma :

  • A tête haute, de Emmanuelle Bercot avec le jeune Rod Paradot et Benoît Magimel, Catherine Deneuve, Sara Forestier. C’est la même approche : on suit autant le personnage principal que tout le système : sa mère, son éduc, la juge.
  • Polisse de Maïwenn avec Joey Starr, Marina Foïs : on suit tout un service de police (brigade des mineurs).
  • Entre les murs, film réalisé par Laurent Cantet et François Bégaudeau – à partir de son livre : même principe mais dans un collège du 19ème arrondissement où on suit une année scolaire d’un prof de français.
  • Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, film anglais qui montre un chômeur aux prises avec la cruauté du système anglais. Il ne peut pas travailler pour raisons de santé mais on l’oblige à accepter des offres d’emploi pour lui payer ses allocations.
  • 120 battements par minute, de Robin Campillo dénonce les injustices relatives aux malades du cinéma et toute l’action d’ACT UP dans les années 80.

Beaucoup de réalisateurs de cinéma se servent de leur caméra pour dénoncer des injustices sociales. C’est ce qu’on a appelé dans les années soixante-dix le Cinéma-vérité.

 

Le texte 2 : Pigeon de Sylvain Renard

La pièce traite de la robotisation de l’être humain, thème d’actualité : nous sommes dans une société qui veut améliorer les performances des humains en passant par la robotisation. Est-ce que c’est pour un mieux ? Pour un pire ?

Là encore ce sont surtout des noms de film qui me viennent :

  • la manipulation de Pigeon par les médias me rappelle la manipulation de Truman dans Truman Show, film de Peter Weir avec Jim Carrey
  • Intelligence Artificielle, de Steven Spielberg

Je ne suis pas lectrice de Science-fiction mais j’ai énormément entendu parler du livre Les Robots de Asimov qui semble-t-il est culte dans le genre.

 

Le texte 3 : Mathilde (Comment sauver sa peau), de Geoffrey Dahm

Le sujet de la trans-identité ou de la transexualité est très peu abordé dans la littérature ou au cinéma. Mais j’ai lu un roman très fort qui aborde cette question du genre que je vous recommande si vous avez aimé cette pièce. Le ton est aussi pudique et subtil que la pièce de Geoffrey Dahm.

  • Annabel de Kathleen Winter : c’est l’histoire d’un bébé qui naît hermaphrodite c’est à dire avec deux sexes – garçon et fille. Le problème c’est que le bébé naît dans un environnement de bûcherons et le père décide que ce sera son fils et qu’on ne lui dira jamais qu’il est aussi une fille. Sauf que l’enfant grandit avec une identité féminine à l’intérieur de lui-même qui veut s’exprimer. C’est poignant, jamais caricatural.

 

On peut rapprocher l’écriture et l’univers de Mathilde (ou comment sauver sa peau) aux pièces de Jean-Luc Lagarce, et notamment la dernière Le Pays lointain (Editions Solitaires Intempestifs) qui raconte l’histoire du fils qui retourne dans sa famille juste avant de mourir.

 

Le texte 4 : Seasonal Affective Discorder de Lola Molina

 Là encore, beaucoup de références cinématographiques, la plus évidente étant Bonnie and Clyde, film réalisé par Arthur Penn en 1967 avec Warren Beaty et Faye Dunaway.

Une histoire tirée de faits réels (allociné)

Bonnie Parker et Clyde Barrow, deux jeunes Américains originaires du Texas se rencontrent par hasard en janvier 1930. Elle, serveuse, et lui, poète fumeur de cigares et coiffé d’un béret, s’associent rapidement pour devenir le plus célèbre couple de criminels américains. Durant la période de la Grande Dépression des années 30, ils multiplient braquages et cambriolages, tuant au passage douze personnes, le tout au nez et à la barbe des autorités. En mai 1934, le couple est pris dans une embuscade. L’une des plus folles épopées qu’ait connu l’Amérique prend fin : Bonnie Parker et Clyde Burrow trouvent la mort dans le piège tendu par l’ancien gendarme Frank Hamer. Ils sont inhumés à Dallas.

 Vous pouvez écouter la chanson que Gainsbourg a composée et chantée en duo avec Brigitte Bardot en 1968. Signées Serge Gainsbourg, les paroles de la chanson ne sont en fait qu’une traduction à peine altérée d’un poème écrit par Bonnie Parker elle-même, et précisément intitulé The Story of Bonnie and Clyde (L’histoire de Bonnie and Clyde).

On a parlé aussi de Thelma et Louise, film réalisé par Ridley Scott en 1991 : Deux amies, Thelma et Louise, frustrées par une existence monotone l’une avec son mari, l’autre avec son petit ami, décident de s’offrir un week-end sur les routes magnifiques de l’Arkansas. Un incident va les forcer à prendre la fuite. Le film raconte leur cavale.

Si vous avez aimé l’écriture de ce texte de Lola Molina, vous apprécierez certainement les textes de Xavier Durringer, auteur, réalisateur et metteur en scène. Son style est très à fleur de peau, colle aux personnages, très cru, très vif, très parlé.

Vous pouvez lire Bal trap : une envie de tuer sur le bout de la langue.

 

Si le métier de critique ou l’exercice de la critique vous intéresse, je vous recommande d’écouter à la radio :

– Le masque et la plume, France Inter – tous les dimanches à 20H.

– La tribune des critiques de disques, France Musique, tous les dimanches de 16h à 18H, trois critiques de musique classique écoutent des extraits d’une même œuvre et doivent en choisir une. Ils ne savent pas qui sont les interprètes.

 

Si vous avez envie d’écrire des fictions et que vous ne trouvez pas d’inspiration :

Vous pouvez écouter sur France Culture, Les pieds sur terre, tous les jours de 13h30 à 14H, ce sont des petits documentaires, témoignages sur un thème donné et ça donne de la matière pour réfléchir, pour des idées de fictions, des situations de pièces.

 

La musique que nous avons écouté lors de nos séances d’écriture :

  • Concerto pour deux violons en Ré mineur, de Johann Sébastian Bach (composé entre 1717 et 1723)
  • Symphonie concertante pour violon et alto de Wolfgang Amadeus Mozart
  • Les quatre saisons, de Vivaldi
  • Concerto n°2 pour piano, de Rachmaninov

Musique que j’aurais voulu vous faire écouter pour Mathilde et que j’ai oubliée : Symphonie du nouveau monde de Dvorak (on prononce Dvorjak) parce que c’est un nouveau monde parce que c’est grandiose et que rien qu’en écoutant cette musique on se dit que tout est possible.

 

Pour écrire votre intervention :

 

Si vous avez un texte vraiment coup de cœur alors n’hésitez pas, mettez le paquet : lisez-nous des extraits, parlez-nous de ce que ça vous évoque, des images qui vous sont venues, de votre admiration pour le style. C’est ça convaincre, c’est parler avec le cœur, avec sincérité.

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