Fiche de lecture du texte R.O.U.G.E de Geoffrey DAHM

 R.O.U.G.E de Geoffrey DAHM

Les gens arrivent à vivre en disant qu’ils ont peur de la mort
Sauf qu’ils ne se rendent pas compte qu’elle n’est pas si loin
Elle est même parfois tout près

 

Ce texte est une équation à trois chiffres. Trois personnes, deux garçons et une fille. Dont deux qui sont confrontés à l’amour. Mais un amour est visible et l’autre est caché.

Nous avons trois personnages principaux : le premier LUI qui cache son attirance pour son ami d’enfance, qui doit à la fois faire face à une révélation qui lui semble insurmontable à dire et aussi dont la relation avec sa famille est difficile et malheureuse. Il filme en cachette l’autre pour garder un fragment de lui, à conserver.
L’AMI, amoureux, qui souhaite à tout prix être en couple avec ELLE.

ELLE d’ailleurs à un problème de perception de l’amour. Elle le voit à travers sa mère et le perçoit comme une possession maladive, un danger, un vide affectif immense à combler, un besoin vital. Elle souhaite être terriblement désirable et attirante envers les autres.

Le mal être de ce personnage (LUI) est omniprésent. Outre l’obsession pour son ami, il éprouvera une jalousie maladive pour cette fille qui le poussera à commettre l’irréparable. Pourtant c’était une personne qui souhaitait faire de nombreuses choses dans la vie. Les propos de sa mère sont durs à entendre et montre un problème relationnel grave entre eux. Ce qui le pousse dans son mal-être, au peu de confiance en lui .
La caméra est peut-être aussi une façon pour lui de vivre à travers un objectif. D’être caché et de ne pas être vu par les autres. Une sorte de bulle ou il se sent protégé et ou il peut observer sans être vu.

Il y a comme une pensée suicidaire à travers son texte. Comme le mal être adolescent qui monte crescendo.
Il y a une dimension sexuelle très présente dans ce texte mais métaphorique. Sans tomber dans la vulgarité, perceptible, mais non explicite. La découverte du sexe à l’adolescence et de son corps se perçoit à travers les personnages.
Le danger, l’inconscience aussi (le couteau) comme lorsqu’il y a des challenges entre jeunes. On provoque la mort, on se moque du danger, on essaie d’impressionner, se prouver à soi-même qu’on est supérieur, qu’on peut tout contrôler.
On cherche à être quelqu’un, à devenir quelqu’un car on se sent inférieur quitte à tout foutre en l’air car on ne supporte pas la normalité, la transparence, l’uniformité, la banalité. Mais on peut fini par tout perdre, son humanité, son âme, car être quelqu’un c’est aussi devoir (parfois) accepter d’être banal comme tout le monde. Et ne pas chercher à être quelqu’un que nous ne somme pas pour ne pas être perdu, confus, et perdre notre personnalité, notre esprit unique propice à chacun.

Bien sûr ce texte n’est pas une critique négative de la bisexualité. Juste une façon de voir la complexité et la particularité de cette orientation sexuelle. Une approche simple (peut être trop) mais qui nous montre une nouvelle facette de l’écriture de Geoffrey qui montre sa capacité à pouvoir écrire sur différents thèmes en s’adaptant et en dévoilant sa créativité tout aussi productive et génératrice.

Alison B.

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